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Ces indispensables familles d’accueil pour chats...

Dans l’esprit du grand public, le mot « refuge » renvoie souvent à des images de cages alignées où sont « stockés » des animaux attendant, l’œil morne, qu’un visiteur daigne poser les yeux sur eux. Pourtant, ce concept de refuge se marginalise de plus en plus. Au fil des années, on assiste à l’émergence d’une kyrielle de petites associations de sauvetage des chats qui travaillent en partenariat avec des familles d’accueil (FA). Le principe : les chats sont confiés à ces familles et vivent dans leur logement jusqu’à leur adoption. L’asbl prend à sa charge les frais liés.

Ce mode de fonctionnement va de pair avec une politique de refus d’euthanasie dite « de complaisance ». Pas question de faire disparaître un chat pour « faire de la place » : tous ont le même droit de vivre et de connaître un jour le bonheur d’un foyer aimant. On ne peut bien sûr qu’applaudir mais le principe comporte sa propre limite : bien que les FA repoussent parfois les murs pour accueillir des chats en détresse, le nombre de places est limité.

Ce n’est qu’en trouvant des FA supplémentaires qu’une association peut augmenter sa capacité d’accueil. Et chaque année, dès le mois de mai, la situation devient critique !! En cause : la saison des naissances qui commence à battre son plein, accompagnée de son cortège d’abandons de chatons non désirés. Les unes après les autres, toutes les associations annoncent l’arrêt des prises en charges faute de place et lancent des SOS pour trouver des familles d’accueil. Les vacances mettront ensuite le coup de massue, nombre d’animaux étant tout à coup jugés « encombrants » par des maîtres irresponsables.

Vous aimez les chats et vous hésitez à vous lancer ? Nous avons interrogé Jacqueline (mieux connue par son diminutif Jack) qui est FA pour la toute jeune asbl « Yes We Cat ! » de Villers-le-Bouillet, afin qu’elle nous raconte son vécu de famille d’accueil.

Bonjour Jack. Vous êtes famille d’accueil pour chats, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs en quoi ça consiste ? Quelle est la journée-type ?

Il s’agit de s’occuper en priorité des chats : leur donner à manger, à boire, leur parler, leur faire des câlins, les caresser, etc. Parfois, certaines tâches doivent se faire à des moments précis quand il y a des soins à faire ou des biberons à donner à des chatons non sevrés.

Ensuite, il y a le nettoyage des litières, des gamelles, des pièces qui leur sont consacrées, des paniers, couvertures. Il faut veiller à ce que tout soit propre.

Enfin, c’est aussi prendre du temps plusieurs fois dans la journée pour les sociabiliser doucement. Il faut être patient, attentif à leur bonne santé, prendre conseil auprès de personnes expérimentées et du vétérinaire évidemment. Avec le temps, on apprend et on devient plus autonome ; on se familiarise avec les petits soucis félins et avec la manière d’y remédier. Mais on ne donne jamais de traitement sans avis vétérinaire, à part les antipuces et vermifuges.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans cette aventure ?

L’amour des chats ! Et aussi d’avoir travaillé bénévolement 4 ans dans un refuge pour chats. Ensuite ma fille a créé sa propre association…

Quelles sont les conditions pour être famille d’accueil ?

Aimer les chats évidemment. Ne pas ou plus travailler pour leur consacrer beaucoup de temps. Etre en accord avec tous les membres de sa famille pour les accueillir. Il faut aussi, bien entendu, avoir de la place dans la maison ainsi qu’une pièce pour isoler un chat malade ou lors de l’arrivée d’un nouveau chat en accueil. Il s’agit d’être fort attentif à l’hygiène et à leur santé.

Vous dites « Ne pas ou plus travailler ». Etre FA est-il incompatible avec une vie professionnelle au niveau du temps à y consacrer ?

Non, c’est possible. Je connais des personnes qui travaillent et qui se dévouent en tant que FA. Elles donnent de leur temps libre simplement, c’est un choix.

S’occuper d’un ou plusieurs chats engendre des frais ? Comment ça se passe à ce niveau-là ?

On peut évidemment participer aux frais mais l’association fait tout son possible pour fournir le matériel nécessaire (arbre à chat de récupération, par exemple), la nourriture, la litière, etc. Les frais vétérinaires sont aussi entièrement pris en charge par l’association.

Je sais que vous étiez déjà FA pour une autre asbl auparavant. A votre connaissance, est-ce que la politique de prise en charge des frais est la même dans toutes les associations ?

Peut-être mais il n’y a pas que les frais, il y a l’écoute également. Chaque FA a des besoins différents. On peut avoir l’envie et le temps de sauver des chats, mais pas les moyens. Les responsables d’une association doivent être à l’écoute de leurs familles d’accueil et se soucier de leurs besoins. Un bon accueil passe nécessairement par une FA équipée, motivée et encouragée dans sa tâche bénévole.

A titre personnel, que vous apporte votre engagement ? Que diriez-vous à une personne qui hésite encore à franchir le pas ?

Je dirais que pouvoir offrir à un chat abandonné une nouvelle et belle vie, recevoir de ses nouvelles après l’adoption, ça apporte énormément malgré le gros pincement au cœur de les voir partir lors de l’adoption.

Il n’est d’ailleurs pas rare de voir une famille d’accueil adopter un ou deux chats. Parce qu’on les aime trop et que celui-là en particulier, on n’arrive pas à le laisser partir !

Justement sur les réseaux sociaux, on lit souvent : « Je ne pourrais jamais être FA, je m’y attacherais trop, je ne pourrais pas les laisser partir ». Qu’avez-vous à répondre à cet argument ?

Même si ce n’est que quelques chats sauvés dans chaque FA (vieux chats en fin de vie y compris), on peut arriver à un total de 30 à 40 chats accueillis et adoptés sur quelques années (ou malheureusement décédés mais dans des conditions de fin de vie « idéale »). Ce n’est pas toujours facile, c’est sûr : on s’attache à tous et on ne sait pas toujours tous les sauver et on pleure quand il nous quitte. Et puis d’autres malheureux arrivent et ils ont besoin de nous.

En adoptant, on sauve un chat. En étant famille d’accueil, on peut en sauver des dizaines ! Alors pourquoi hésiter ?


Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez consacré, Jacqueline. Et surtout, un tout grand merci pour tous ces loulous sauvés grâce à vous !